04/04/2025
Droits de douane : Meloni veut les "supprimer, pas les multiplier"
Par AFP
(AFP) - La chef du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a estimé jeudi soir que, face aux droits de douane imposés par Washington, il fallait avoir pour objectif de les "supprimer, pas les multiplier".
"Il faut ouvrir une discussion franche sur le fond avec les Américains, avec selon moi l'objectif d'arriver à supprimer les droits de douane, pas de les multiplier", a-t-elle affirmé dans un bref entretien à la chaîne publique Rai1, en référence à d'éventuelles représailles de l'Union européenne.,
Mme Meloni, qui avait déploré dès mercredi soir une "mauvaise mesure" de Washington, a annulé jeudi tous ses engagements pour se concentrer sur l'introduction de nouveaux droits de douane décidée par le président américain Donald Trump. Elle a réuni ses principaux ministres pour discuter de leur approche.
Jeudi soir, Mme Meloni a appelé à éviter l'alarmisme : "Nous avons évidemment un problème, mais ce n'est certainement pas la catastrophe évoquée par certains", a-t-elle estimé.
Sur le plan national, elle s'est engagée à "réaliser une étude sur l'impact réel secteur par secteur" ainsi qu'à rencontrer "la semaine prochaine" les représentants des diverses filières pour "chercher les meilleures solutions".
Sur le plan européen, "il faut évidemment partager nos propositions avec les partenaires européens", a-t-elle dit. "Je ne suis pas convaincue que le meilleur choix soit de répondre à des droits de douane par d'autres droits de douane", a-t-elle insisté.
Dénonçant "les droits de douane que l'Union européenne s'est imposée à elle-même", elle a appelé à une remise en cause des "règles idéologiques" du Pacte Vert - le plan ambitieux de l'UE en matière de climat visant à la neutralité carbone d'ici à 2050 -, en invoquant les dommages subis par l'industrie automobile, frappée par des droits de douane américains de 25%.
Elle a aussi jugé que "peut-être à ce stade une révision du pacte de stabilité serait nécessaire".
L'Italie, troisième économie de la zone euro, est récemment devenue le quatrième exportateur mondial. Environ 10% de ses exportations sont destinées aux Etats-Unis.